Les besoins des victimes
Selon Maguire (1985), les besoins ne peuvent être directement soustraits des conséquences du crime. Il faut prendre en
considération la perception des victimes pour éviter de faire des recommandations qui ne lui seront pas satisfaisantes ou bénéfiques. De ce fait, les besoins sont en partie déterminés par leurs
attentes et par leur culture.
Les victimes ont un besoin d’être informées de tout ce qui entoure le délit causé à leur encontre ou contre un proche. Elles veulent donc être au courant de la progression de leur dossier et des décisions qui seront prises, et ce, de l’enquête policière jusqu’à la libération du détenu. C’est un besoin universel. Par exemple, le Bureau des services aux victimes du Service correctionnel du Canada donne de l’information aux victimes inscrites tout au long de la peine fédérale d’un délinquant telle que les permissions de sortir avec escorte, les transferts ou les sorties médicales. En outre, les victimes ont le besoin de comprendre le fonctionnement du processus judiciaire et de connaître leur droit et les recours possibles. Elles veulent également être préparées au témoignage. En définitive, le besoin d’information peut aider au rétablissement de la victime.
Besoin d’une aide ponctuelle
Certaines victimes ont besoin d’aide pour mettre de l’ordre ou réparer les biens endommagés, pour installer des nouvelles serrures, pour remplacer les documents ou cartes de crédit volés, pour remplir les formulaires d’assurance qui sont trop compliqués ou pour dépanner financièrement. Donc, il leur faut une aide dans certains aspects de la vie quotidienne. Elles ont besoins de concilier leurs obligations personnelles et le processus judiciaire.
Besoin de réparation
Beaucoup de victimes ont un besoin de réparation, principalement en lien avec les pertes directes ou indirectes. Cependant, souvent la victime n’est pas indemnisée et d’autres veulent une indemnisation de la part du délinquant (mais seulement possible lorsque la police a trouvé le coupable). Pour eux, c’est un acte symbolique et ça reflète la responsabilité du contrevenant.
Besoin d’une intervention psychosociale
Beaucoup de victimes subissent un impact affectif. Elles ont besoin d’aide professionnelle, et ce, peu importe le délit. Le fait de voir un psychologue peut les aider dans leur cheminement vers la guérison. Les femmes, les gens qui vivent seuls, les gens divorcés et les personnes âgées sont souvent ceux qui ont le plus besoin d’aide affective.
Besoin d’un statut au sein du système de justice pénale
Dépendamment des victimes, elles souhaitent avoir une participation active ou passive. Une participation passive signifie que la victime veut être informée du processus et de l’évolution de son cas. Elle veut être consultée pour toutes les décisions importantes. La participation active se définit par le besoin de s’exprimer. Elle désire faire des demandes et influencer la peine du contrevenant. Les victimes veulent donc être informées, consultées et entendues à toutes les étapes du processus. Elles veulent raconter leur histoire et pas nécessairement influencer la décision du juge. Elles souhaitent tout simplement avoir une voix.
Besoin de protection
Il y a des
victimes qui ont besoin de protection, car après le délit, elles ont peurs et se sentent vulnérables. Elles peuvent avoir peur des représailles comme dans le cas de la violence conjugale. Souvent
ce besoin est une raison pour laquelle les victimes vont porter plainte à la police. Cependant, la protection des victimes et des témoins dans le système pénal est encore inadéquate.